Skip to content


6. Ida analysée par Freud

Acte 3

Scène 1.

 Cabinet de Freud. Entrent Ida, en manteau dont elle se défait, avec son sac en bandoulière qu’elle garde avec elle, et Freud.

Ida.- Sonnez les trompettes. Chantez le Te Deum. Votre esprit mal tourné était bien tourné. Le mal que vous avez dit de moi était le bon. Les faits vous ont donné raison. Mes quintes de toux ont été effacés comme avec une éponge

Freud.- Je m’en réjouis.

Ida.- Et mon père donc… … Et ce n’est qu’un début. J’ai à vous servir un rêve tout chaud sorti du four de la nuit dernière. (Freud lui montre le divan, elle s’y étend. Il lui fait un signe d’invite)

Ida.- Brûlant comme il est ? Freud.- Brûlant comme il est.

Freud s’assied sur sa chaise, ouvre son carnet. Ida se tourne vers lui, il l’approuve.

Ida.- .. ..Dans mon rêve, je suis au lit, je dors à poings fermés, quand quelqu’un me secoue avec énergie. Je me réveille. C’est mon père, affolé. Réveille-toi ! La maison brûle ! Je me dresse sur mon séant. Une fumée épaisse monte de l’escalier, comme une couche de nuages. Je m’habille à la hâte. Ma mère, dans tous ses états, va, vient, crie à mon père : Mon coffret à bijoux ! il faut sauver mon coffret à bijoux ! Mon père lui répond : Si tu crois que les enfants et moi nous allons brûler pour ton coffret à bijoux, tu te trompes ! Il me pousse dans l’escalier, je dévale les marches, et nous trouvons notre salut dans le jardin… .. Ce rêve était une réédition. J’avais rêvé le même rêve la nuit qui a suivi la scène du lac avec Mr Kahn.

Freud.- Ce 2ième rêve n’a pas explosé la nuit dernière, sans que la mèche ait été allumée la veille.

Ida.- Je sais ce qui y a mis le feu. Ma mère a peur de se faire cambrioler son argenterie, aussi, avant de se coucher ferme-t-elle chaque soir à clé la porte de la salle à manger. Cela fâche mon père, parce qu’en fermant à clé la salle à manger, elle enferme mon frère, dont la chambre se trouve, en enfilade. Mon frère a eu des problèmes d’incontinence nocturne jusque tard dans l’adolescence : l’empêcher d’aller aux toilettes n’est pas l’aider à se défaire de cette mauvaise habitude, sans compter, comme l’a rappelé mon père hier, qu’un incendie peut se déclarer, et mon frère se trouver dans l’impossibilité de s’échapper. C’est cette éventualité d’incendie dont a parlé hier mon père, qui m’a fait rééditer mon premier rêve.

Freud.- Remontons le cours de l’histoire, et faisons halte au rêve original. Quelle allumette, la veille, avait mis le feu à ce premier incendie, vous rappelez-vous ?

Ida.- Je m’en souviens comme si c’était d’hier… … Lorsqu’après la scène du lac, Mr Kahn et moi nous sommes rentrés, j’étais si fatiguée des émotions de la journée, que je suis montée dans ma chambre, me suis allongée, et me suis endormie. J’étais plongée dans un profond sommeil, quand le sentiment d’un danger imminent m’a mise en alerte. J’ai ouvert les yeux : Mr Kahn était au pied de mon lit et me regardait. Je me suis dressée à la hâte sur mon séant. Je lui ai demandé s’il avait frappé, que je ne l’avais pas entendu. Il l’a pris de haut, soupe au lait comme il est, m’a répondu qu’autant qu’il sache il était chez lui, qu’il avait quelque chose à chercher dans la chambre. Et, la nuit suivante, j’ai rêvé le premier rêve de cet incendie avec mon père… … Si, dans mon rêve, je m’habille à la hâte quand mon père me réveille, sans doute est-ce pour me rappeler que tant que je serais chez les Kahn, j’avais à m’habiller avec promptitude, afin que Mr Kahn ne me surprenne pas. Je suppose que c’est une façon de me rappeler ma résolution.

Freud.- Ne le supposez pas : c’est cela, du moins en partie…. … Vous disiez que pendant l’incendie, votre mère allait et venait en disant : Mon coffret à bijoux ! Il faut sauver mon coffret à bijoux!

Ida.- J’ai très bien reconnu ce coffret à bijoux. C’était le mien. Mr Kahn me l’avait offert pour l’un de mes anniversaires.

 Freud.- Votre mère a-t-elle déjà logé chez Mr Kahn ?

Ida.- Jamais.

Freud.- .. ..Permettez qu’à cet endroit du texte, une marque vous renvoie en bas de page. Vous n’ignorez pas, que les poètes, lorsqu’ils veulent évoquer une réalité trop crue, la revêtent du voile vaporeux d’une image, pour en estomper la bosse trop âpre. Ils habillent une nature masculine trop nue des images de dague, de flèche, de lys, le Cantique des Cantiques parle de bannière, de cèdre du Liban, de pommier. Eh bien, les rêves sont poètes comme les poètes.. …. Si vous savez les images qui désignent la nature masculine, sans doute, par analogie, devinez-vous ce que désigne, de la femme, les images de bague, de source, le Cantique des Cantiques parle de jardin, de puits d’eau vive, et, en ce qui concerne votre rêve, de coffret à bijoux.

Un silence. Ida.- .. .. Passons, voulez-vous.

Freud.- Si le rêve de l’incendie avec votre père était l’image de la scène avec Mr Kahn au pied de votre lit, comprenez-vous quel coffret à bijoux était en danger, et de quelle personne, et à cause de quoi ? Un silence.

Ida.- .. ..Glissons, voulez-vous.

Freud.- Un énigme se pose : pourquoi votre rêve a-t-il fait choix de votre père pour jouer le rôle de Mr Kahn ?

Ida.- J’ai une explication : mon père étant le compère de Mr Kahn dans le sordide marché tacite de la fille de l’un contre la femme de l’autre, je pense qu’il est de moitié dans le danger dont me menace Mr Kahn.

Freud.-Vous disiez que votre frère avait souffert d’incontinence nocturne jusque tard dans l’adolescence, et que l’empêcher d’aller aux toilettes n’était pas aider votre frère à se défaire de cette mauvaise habitude.

Ida.- Longtemps, mon père a levé mon frère la nuit, pour qu’il ne mouille pas son lit.

Freud.- .. .. Votre frère seulement ?

Ida.- Qui d’autre ?

Freud.- Dans votre rêve, c’est vous que votre père lève…(silence) Votre père dit aussi à votre mère : si tu crois que mes enfants et moi, allons brûler.. .. Il dit : mes enfants.

Ida.- Mais moi, à la différence de mon frère, je n’y étais pour rien! J’ai attrapé mon incontinence de mon père ! La preuve est que, lorsque j’en ai été guérie, a pris le relais un asthme !

Freud.- Vous semblez dire que votre frère y était pour quelque chose. A propos de son incontinence, vous avez une autre expression curieuse, vous dites : mauvaise habitude.

Ida.- Dame.

Freud.- Vous semblez savoir des choses que je ne sais pas.

Ida.- Ca vous fait trop plaisir de me mettre dans l’embarras ?

Freud.- J’ignore ce que vous avez l’air de sous-entendre.

Ida.- Qui ne sait que l’incontinence nocturne est le fait de ceux qui s’aiment eux-mêmes avec excès ? La première collégienne venue sait cela.

Freud.- Vous augmentez mon savoir. Je vous assure que je l’ignorais.

Ida.- Mais à la différence avec mon frère, c’est que moi, j’ai attrapé mon mal du mal de mon père !… ..Le temps est venu que vous fassiez de mon père connaissance plus rapprochée. Mon père n’est pas du tout l’Agneau Pascal, offert en sacrifice, qu’il se présente : c’est même un méchant bouc. Il a eu une vie très libre, surtout de toute morale. De ses périples, il a rapporté dans ses bagages, un très joli souvenir. Il n’est jamais allé à Naples, mais en a rapporté certain mal. – Sans rire, Clélie ? – Si, Phylis!..(elle se tourne et le regarde) Vous ne cillez même pas. Je ne sais pas comment vous vous entraînez, mais vous êtes toujours prêt au pire… .. Le voyageur n’a pas été trop rongé par le scrupule : en échange de la rose de la rosière, il a glissé dans la corbeille de noces, traître aspic, certain trépomène pâle. Et, dans la foulée, offert à son héritière, la plus charmante des successions.

Freud.- Comment avez-vous appris qu’il avait été atteint de cela?

 Ida.- Il ne fallait pas être grand clerc. Un médecin lui avait prescrit une cure. Le service qui le soignait, traitait les syphilitiques.

 Freud.- Autant que vous le sachiez. Le médecin était moi.

Ida.- Quoi ?.. .. Et vous ne m’avez rien dit ? Comment pouvez-vous ? Freud.- .. ..Devrais-je dire ce que je sais de vous à votre père ?

Ida.- Nous, mon père nous a infectés, pas nous, lui… … A qui croyez-vous que ma mère doit son démon de la propreté ? A son diable de mari. Et il a le front de se moquer de la manie de ma mère… ..Et moi, à sa suite, j’hérite de sa tare…(silence)… N’ayez pas ce silence sceptique ! Sa maladie a pour fille légitime la mienne ! La preuve est que l’incontinence de mon frère et la mienne n’étaient pas de même nature !

Freud.- Voulez-vous préciser ?

Ida.- J’avais, moi, des pertes blanches !

Freud.- Vous m’avez appris une chose que j’ignorais, à mon tour de vous apprendre une chose dont je suis sûr. Si l’incontinence est le fait de ceux qui s’aiment avec excès, les pertes blanches sont le fait de ceux qui s’aiment avec fureur. La règle ne souffre aucune exception… .. Autre chose réfute votre thèse : votre père est guéri de sa maladie.

Ida.-(piquée) Je m’élève hautement contre une telle ignoble généralisation ! Veuillez noter cela dans vos tablettes : il y a une exception à votre règle abusive : moi ! .. Pour supposer avec cette désinvolture de telles turpitudes chez les autres, comme il faut qu’elles aient été de vos sales habitudes. De ce que vous savez de vous, je vous prie, ne déduisez pas ce que vous ignorez chez les autres.

Freud.- Savez-vous quel est notre premier péché ? Nous craignons l’opinion des autres, plus que la nôtre propre. Des actes que nous commettons en toute innocence, nous pensons que les autres les imputent à péché. Nous croyons toujours qu’autrui n’a qu’une paille dans l’oeil, alors qu’il a la même poutre que nous.

Ida.- Mais il n’a pas compris ! Ecoutez comme il me savonne la planche ! Vous ne m’avez pas entendue ? J’oppose un démenti formel à une telle dégoûtante affirmation ! Je vous prie de ne plus ajouter un mot sur ce sale sujet !

Freud.- Plus le pauvre ortolan effrayé, dans le filet bat des ailes, et plus le filet le capte. Vous menez un furieux combat d’arrière garde. Vos dénégations sont moribondes.

Ida.- Si vous ne quittez pas ce sale interrogatoire sur le champ, je vous quitte séance tenante. Freud.- Je me tais. Je me tais. Elle le questionne des yeux, il lève les deux mains. Elle se détend, et joue machinalement avec le fermoir de son sac à bandoulière.

Freud.- Prenez-vous en photo, là. (elle le regarde, il pointe l’index sur ses doigts qui jouent avec le fermoir du sac, elle les en ôte vivement) Nous avons beau faire, nous avons un fond de franchise. Mentir est chose illusoire. Tôt ou tard, le menteur se recoupe… … Je vais vous raconter une petite histoire. Ma mère constate un jour que la boîte de chocolat en poudre, durant le bref temps de son absence à la cuisine, avait diminué de moitié. Elle nous appelle, mon frère et moi, nous interroge. Mon frère se récrie hautement. Moi, je ne dis mot, je me contente de faire non de la tête. Ma mère me dit : C’est toi, Sigi ? Indigné, je veux dire : et puis quoi encore, comme je disais chaque fois que j’avais chipé quelque chose, et au moment où je dis ; et p…, un beau nuage de chocolat de poudre sort de ma bouche, comme une bulle… …(Ida rit).. .. Je crois que vous connaissez la langue des images assez pour savoir ce qui de la femme, peut figurer l’image du sac à main ?.. (silence d’Ida) Et, du sac à main, l’image du fermoir ?.. .. Avec lequel vous jouiez en toute innocence ?.. … Ce que vous déniiez tout à l’heure avec une telle force, l’instant d’après, vous l’avouez dans la plus totale sérénité.

Ida.- On peut peut-être éviter de le calligraphier en lettres majuscules ?

Freud.- Nous dînions l’autre jour avec la plus discrète des femmes. Pendant le dîner, lors d’une courte rêverie, d’un majeur délicat, elle a suivi le bord doux et lisse de son verre à pied, et en a fait le tour longuement. Ne croyiez-vous pas que si j’avais attiré son attention sur ce qu’elle faisait, elle aurait ôté son doigt de son verre, aussi vivement, que vous du fermoir de votre sac ?.. ..Parce que la pudeur, naturellement pousse à cacher, on en conclut à tort que ce qu’elle cache est honteux. La sexualité, en réalité, est chose naïve et innocente.

Un silence. Freud.- Vous disiez tout à l’heure, qu’à vos pertes avait pris le relais un asthme… .. Quelle sorte d’asthme était-ce, à sécrétion bronchique, ou spasmodique ?

 Ida.- Spasmodique.

 Freud.- Vous rappelez-vous un évènement familial, qui ait pu déclencher cet asthme ?

Ida.- Tout ce que je sais, c’est que mon père était absent. Il n’a appris que j’avais eu un asthme, qu’à son retour.

 Freud.- Nouveau-né, vous couchiez dans une chambre à vous ?

Ida.- Nouveaux-nés, mon frère et moi couchions dans la chambre de nos parents.

Freud.- Vous rappelez-vous la forme que prenait votre asthme ? Pouvez-vous l’esquisser ? (elle l’imite) Cet halètement de la poitrine, cette précipitation du souffle, ce râle de mourant ne vous rappellent rien ? .. ..Est-ce que je me trompe, si je dis que votre asthme était le souvenir de celui, amoureux, de vos parents, et que cette évocation était, en l’absence de votre père, une déclaration muette que vous lui faisiez ?

Silence.

Ida.- (plaintive). .. Pourquoi les pères n’aiment-ils pas leurs filles, qui les aiment comme personne ? Quelle femme au monde aimera son père jamais mieux que sa fille ? Quelle sera jamais plus indulgente ? Quelle, le connaissant comme sa fille, fermant les yeux sur ses défauts, les ouvrira tout grands sur ses seules qualités ? .. .. Les pères ne peuvent-ils pas, pendant quelques années, tant que les filles les aiment, les accompagner un bout de chemin?

Freud.- Vous demanderiez à leur bel âge de se vouer à votre jeune, et lorsque votre jeune se fera bel, et leur bel vieil, vous les jetteriez comme de vieilles chaussettes ? Votre père se fait ingrat par avance à votre future ingratitude. Il se défait de vous avant que vous vous défassiez de lui. Il garde son âge pour son âge, et renvoie votre âge au vôtre. Ne croyez-vous pas que c’est lui le sage? .. ..(il ferme son carnet, et fait mine de se lever) Il me semble que nous avons bouclé la boucle.

Ida.- (pivotant, mettant les pieds au sol) Pauvre docteur. Quelle vie ne doit pas être la vôtre… ..Si tous les embryons de sentiments qui vous naissent, vous en avortez au plus vite et les conservez dans le formol, pour les étudier comme vous faites, il ne doit plus rester plus un souffle de vie en vous. Je plains votre femme et vos enfants. Ils doivent vivre sur un caillou tout nu… (elle se lève) A voir avec quelle vitesse mon monument se dégrade entre vos mains, je me demande si je vais vous laisser continuer de ravaler ma façade..

Freud.- C’est entre les mains du malade que repose la guérison.

 Ida.- (allant vers la porte, se retournant) Ne ferez-vous pas un peu de réclame pour votre petit commerce?

Freud.- Je suis de la vieille école. Ma marchandise fait elle-même sa publicité. Ils sortent.

Scène 2.

Appartement des Freud. La chambre de Martin, porte ouverte. Passe dans le couloir Marthe, une enveloppe à la main.

Marthe.- (à la cantonnade) Tout le monde est là, nous pouvons fêter l’anniversaire.

Entre Marthe, qui dépose l’enveloppe sur la commode. Entre Freud avec un paquet, qu’il pose sous l’enveloppe. Entre Mathilde, qui pose, par-dessus l’enveloppe et le paquet, son cadeau, qui est une raquette, dont, malgré le papier on devine la forme.

 Marthe.-(appelant) Martin.

Entre Martin.

Martin.- Quoâ ? En taille le plus petit des petits et les plus grands des grands me font la haie ?

Mathilde.- Martin. Tu gagne une ficelle de plus. De simple soldat, tu passes caporal. Joyeux anniversaire.

Marthe.- Ton jeune printemps compte un printemps de plus : joyeux 14 ans.

Freud.- Joyeux anniversaire, Martin.

Martin.- Dites. C’est pas trop tôt. Je me disais : quoâ ? Dans cette obscure famille, dans la gloire d’une nouvelle aurore se lève mon astre étincelant, et personne n’est à la fenêtre ?

Marthe.- Nous avons attendu que le conseil municipal soit au grand complet pour accueillir le récipiendaire.. Martin va à ses cadeaux.

Martin.- C’est pour moâ ?(Il les met sur ses bras, et fait semblant de crouler dessous.) Je croule sous l’avalanche. Il va falloir appeler le secours de montagne. (Il les repose, prend la raquette) Ca, je me demande bien ce que c’est.

Mathilde.- Comme si tu ne devinais pas.

Martin.- Démasquons le fourbe. Découvrons son jeu… … Joie, pleurs de joie. C’est une raquette. Si je m’attendais ! Tu ne m’avais pas fait l’article toute la semaine. (pour la remercier, il va à elle, et lui tire les cheveux fort, Mathilde fait aïe) C’est un cadeau que tu vas regretter, soeurette, je vais te battre à plate couture. (il va prendre le paquet de son père) Ca, c’est de Papa.(il s’assied sur un tabouret) Allongez-vous sur le divan, cher patient. Confessez-moi vos honteux secrets. (il ouvre le paquet) Les 3 Mousquetaires ! Et illustrés ! Tu as fait mouche, papa. Je ne rêve que bottes et touches.

Marthe.- (à Freud) C’est avec de tels enfantillages que tu lui mûriras l’esprit?

Freud.- Tu aurais préféré que je lui offre l’édition critique, avec notes et variantes, des oeuvres complètes de Goethe ?

Marthe.- Ca lui aurait fait un début de bibliothèque.

Freud.- A son âge d’enfant, s’il lit Goethe, que lira-t-il à l’âge de Goethe ? Des livres pour enfants ?

Martin.- (à sa mère)..Leste-toi d’un peu de plomb dans la cervelle, Maman. Pense à tonton Simon, il est plus bardé de diplômes qu’un rôti, sa tête est une encyclopédie, tu lui poses une question sur les transformateurs électriques, ou le théorème de Chasles, il t’ouvre la page du cerveau, il lit l’article in extenso. Ce savant hors pair, à ses moments perdus, pour tuer le temps, qu’est-ce qu’il lit ? Fripounet. Il lit à son âge ce que Papa ne m’offre plus au mien. (à son père) Tu as bien fait, papa. Ton choix est sage et plein de philosophie. Continue, tu es sur la bonne voie : (il fait de la main des tours de roue) Vingt ans après, le Vicomte de Bragelonne. (son livre sous le bras, il s’approche de son père pour l’embrasser, son père lui fait signe qu’il peut s’épargner la corvée)

Martin.- Je connais mon devoir. (Il tire par le revers du veston, la tête de son père à lui, lui présente son oreille gauche, à distance, fait de même de son oreille droite, tout le monde rit) (Il va à la commode, prend l’enveloppe, questionne Marthe qui sourit) Tu n’as pas eu le temps d’aller en ville ?.. .. C’est vrai, tu as tellement à faire, .. le ménage,.. la cuisine, .. (il fait semblant de chercher, Marthe est la première à rire) Comment aurais-tu trouvé le temps, pour trouver juste le pull qui ne m’aurait pas plu, attendre qu’il soit en promotion, marchander pour avoir un rabais ? Tu ne peux pas tout.

Marthe.- Martin ! Tu as dit que tu préférais t’acheter tes cadeaux toi-même.

Martin.- On croit tout d’un coup tout ce que dit son petit garçon? (tendant l’enveloppe) L’ennui, c’est que dans 3 jours, ce sera plus fort que toi, tu ne pourras pas t’empêcher de me demander ce que je me suis acheté avec ton pactole, et quand je te le dirai, de peser sur moi ton regard lourd, et me dire, la voix chargée de reproches : Comment as-tu pu ? Une saleté pareille !

Marthe.- Je ne te poserai aucune question. Je te donne ma parole.

 Martin.- J’ai une mère aimante, mais qui ne se sent pas tellement engagée par la parole qu’elle donne à son petit enfant.

 Marthe.- Devant toute la famille, je te donne ma parole que je te laisserai acheter ce que tu voudras.

Martin.- Même si jette mon dévolu sur un jouet, qui sert à massacrer mon prochain en grand nombre ? (Marthe hésite) Même au figuré tu hésites. Juge au propre.

Marthe.- Même. Je te donne ma parole.

Martin.- Vous êtes témoins. Prenez garde. Je vous citerai à la barre… .. Voyons mon petit budget de défense nationale. (Il ouvre l’enveloppe, sort un billet) Mazette. L’âge pleut sur vous en dormant, en dormant, sur vous, pleut l’argent. Un merci aussi riche que le cadeau. (il va à Marthe et l’embrasse comme il a embrassé Freud ; à tous, prenant ses cadeaux dans ses bras) Je ne suis pas aussi pourri que j’espérais, mais je suis un petit peu gâté quand même. Merci de tout coeur.

Mathilde.- La raquette est en bois de frêne, le tamis en boyau de boeuf, le manche en cuir de vache. Le vendeur a recommandé de ne jamais l’entreposer dans un endroit ni trop humide ni trop sec.

Martin.- Je te jure que je ne jouerai jamais par beau temps ni par temps pluvieux, ni quand il fera entre les deux, on ne sait jamais. Je ne jouerai ni l’été, ni l’hiver, ni l’automne, ni le printemps, je t’en fais le serment.

Mathilde.- Je voulais dire que les matériaux sont de qualité et qu’il faut prendre des précautions.

Marthe.- (faisant les yeux) Mathilde !

Freud.- (sur un ton de reproche, à Marthe) Marthe. Marthe. .. .. Martin, ne prends pas ce que te dit Mathilde à mal. Elle t’aime comme personne.

Martin.- Je l’adore. Elle est gentille comme tout. Depuis que j’ai grandi, que mes petits muscles se sont développés, que je peux répondre par des expéditions punitives à ses actes de brigandage, il n’y a pas plus charmant qu’elle. (il va à elle, et lui pince le bras fort, Mathilde fait aïe) Hein, pupuce ? Martin passe devant eux avec les cadeaux dans les bras.

Marthe.- Content tout de même ?

Martin.- De quoi ?

Marthe lui montre l’enveloppe.

Martin.- Ah. Tant d’argent me gêne. Quand je pense comme papa gagne durement son pain à la sueur de son front, assis confortablement dans son fauteuil toute la journée, la honte me colore la figure d’un rouge cerise.

Mathilde.- Tu sais que tu peux échanger ta raquette, si elle ne te plaît pas. Tu n’as qu’à me demander la facture.

Marthe.- (faisant les yeux) Mathilde !

Martin.- Elle me plaît comme tout. Je suis heureux comme un roi. (Il frappe l’air de sa raquette) Tu te rends compte, je peux taper dans une balle. Avant je n’y pensais même pas. (près de la porte, à tous, montrant ses cadeaux) Vous savez. Ce qui compte, c’est l’intention. (avec un regard appuyé) La dépense, c’était peu de chose.

Marthe.- (rugissant) Je vais vous l’envoyer en enfer. C’est un vrai démon ! Elle va vers Martin, qui s’enfuit. Rire général. Tous sortent.

Scène 3.

Université de Vienne. Dans un couloir Freud, serviette en main, interrogé par deux étudiants. 1er étudiant.- .. ..Sur quel plateau pèseriez-vous dans la balance?

Freud.- Je doute que je puisse vous donner un meilleur conseil que vous-même.

1er étudiant.- Disons : quel conseil votre âge vous donnerait-il si vous étiez au nôtre ? Vous ne vous laisseriez pas sans réponse.

Freud.- Si je ne me répondais pas, je me le reprocherais vivement. C’est vrai. …(pour lui-même) Soit…Il est hors de doute, me dirais-je, que ton âge est l’âge amoureux par excellence ; il est non moins hors de doute que ton âge est aussi l’âge de la formation de l’esprit… Des deux activités, l’amoureuse et l’intellectuelle, cependant, réfléchis, laquelle ne dépend que de soi, est à chacun quand il veut, ne lui coûte rien, ne dépend ni de la beauté, ni de l’aspect physique, ni de l’âge, ni de la richesse, ni de la famille, ni de la profession, ne nécessite en tout et pour tout que soi, seul et nu, sous une soupente, vraie activité de démocrate puis que tout le monde est à égalité devant elle, et procure, néanmoins, une jouissance continue et incessante ? L’activité de l’esprit, sans conteste…. … A l’opposé, la jouissance amoureuse a pour elle, certes, qu’elle est la plus haute de toutes. C’est la perte de conscience suprême, l’oubli de soi souverain, la mort vivante parfaite. Mais reconnais son premier grave défaut : sa brièveté. Plus éphémère qu’éphémère ; à peine arrivée que partie, à peine née que morte ; splendide feu d’artifice à peine épanoui dans le ciel nocturne, que ses pétales flétris tombent en pluie noire ; si courte parenthèse dans le texte du jour, et si peu renouvelable. Observe comme elle est soumise à des conditions draconiennes de beauté, d’aspect physique, d’âge, de fortune, de situation. Considère, surtout, combien cette jouissance esclave place l’homme dans une dépendance absolue, puisqu’elle dépend du bon plaisir d’un autre, auquel son plaisir est suspendu comme par un fil. Que tu le veuilles ou non, humble solliciteur, il te faut à deux genoux humblement tendre la main, quêter, implorer, supplier. S’abaisser, s’humilier devant un autre, qui a toutes les chances de lui être inférieur, n’est-ce pas pour un homme épris de liberté, une chose doublement intolérable ? Pour l’homme d’honneur, le but de l’existence, n’est-ce pas d’être son seul et unique maître en tout, même en amour ?.. ..Aussi, en attendant departager la fureur amoureuse avec une épouse aimante et aimée, étudiant, tant que tu étudieras, que les rayons puissants de tes énergies soient concentrés en un seul foyer : celui de tes études. Cloître-toi dans cette Trappe. Interdis-en l’entrée à toute fille d’Eve… … Seulement, comme ton bas-peuple n’acceptera ton oukase, contestera et manifestera, n’hésite pas, descends dans la rue avec lui, et avec lui, proteste avec force contre cet état injuste où te condamne la société. Clame que tu es victime d’un pogrom. Indigne-toi hautement contre cet état contre-nature. .. ..Voilà ce qu’aurait dit mon âge au vôtre, quand je l’avais, si je l’avais pu. (Il fait quelques pas pour aller, puis se tourne).. ..J’ajouterai une cauda à ma petite pièce instrumentale. Tout homme a une vie et une voie unique, semblable à aucune autre, qui fera qu’il sera lui et aucun autre. La merveilleuse variété de l’homme est sa richesse incommensurable. Ce serait la plus belle évolution de l’humanité, que chaque être humain ait son développement propre… … En conséquence, suivez-vous, et ne me suivez pas. Ecoutez-vous et faites-moi la sourde oreille… … Etes-vous satisfait de ma réponse ?

 Les 2 étudiants applaudissent avec discrétion, Freud les applaudit à son tour. Ils sortent de deux côtés différents.

Scène 4.

 Chez les Fliess. Freud, à demi-engagé dans l’entrée, Mme Fliess.

Freud.- (humble) .. .. Si son supérieur dit à un subordonné, qui le sollicite : j’ai à faire, une autre fois, repassez, comment l’humble solliciteur s’en offenserait-il ?

Mme Fliess.- (lui riant au nez) Humble solliciteur ?.. Quand vous avez de vous une opinion de fer ? Quand vous avez en vous une assurance d’acier ? Quand vous vous estimez comme un être à part ? Quand vous vous considérez au-dessus du lot, et tous les autres au-dessous ?

Freud.- Vous avez une telle dent contre moi ?

Mme Fliess.- .. Avez-vous pour moi tant d’amitié ? .. .. Ai-je jamais été pour vous autre chose que l’assistante, juste bonne pour vous introduire, vous asseoir dans le fauteuil, vous mettre la serviette autour du cou, remplir votre verre d’eau, et vous dire : ouvrez la bouche ? Ai-je jamais été pour vous autre chose qu’une vitre transparente au travers de laquelle vous cherchez du regard mon mari ? Par quel miracle cet être pour vous inexistant, prendrait existence ?

Freud.- (reculant vers le palier) Permettez que je me rature. Je vois que je fais tache ici.

Mme Fliess.- (l’aggripant par la manche) Ah non. C’est un peu facile. Vous êtes pris d’un premier caprice, vous venez, puis d’un second, vous partez. Votre humeur saute, puis ressaute. Vous êtes ici ? Restez ici !.. .. (allant, appelant) Wilhelm ! C’est ton ami.

Entre Fliess.

Fliess.- Il me semblait bien entendre sa voix.

Mme Fliess.- Je ne sais ce qui a pris ton ami. A peine entré, il a voulu sortir. Je lui ai dit que tu soupirais après lui, que tu te morfondais de lui. Qu’il était la si bonne compagnie, sans laquelle tu avais la pire des solitudes. Que vous faisiez si bien un seul être tous les deux, que lorsqu’il te manquait, tu te mourais. (à Freud)Pardonnez-moi si je n’ai pas usé dans notre conversation d’une langue très châtiée. Je n’ai pas votre éducation. J’espère que vous ne me mettez pas une trop mauvaise note.

Freud.- Vous vous êtes excellemment exprimée. Vos expressions ont été tout à fait adéquates.

Fliess.- (à Mme Fliess) Tu te mets bien martel en tête. Sigmund ne s’émeut pas pour des questions de forme.

Sort Mme Fliess.

Freud.- (allant vivement à Fliess) Wilhelm. Ah. Wilhelm. Un cauchemar affreux d’une nuit est devenu un cauchemar affreux de mes jours… … Nous avions rendez-vous, j’étais arrivé en retard. Vous n’étiez plus là. J’ai couru à votre recherche. J’ai cru voir votre silhouette dans une rue, je vous ai appelé, j’ai couru à vous, je vous ai saisi par le bras, vous vous êtes retourné : ce n’était pas vous. J’ai fait toutes les rues l’une après l’autre, même celle où j’étais sûr de ne pas vous trouver. La mort dans l’âme, j’ai pensé que je vous avais perdu pour toujours. C’est dans ce désespoir que je me suis réveillé. C’est dans ce désespoir que, depuis, je vis, éveillé.

Fliess.- Désolé. Vous m’avez retrouvé.

Freud.- Dieu merci ! Je vous ai retrouvé ! Que je suis heureux que cet affreux cauchemar n’ait été que rêvé… … Je me réveille hélas d’un cauchemar pour vous plonger dans un un autre. J’ai une lamentable nouvelle à vous annoncer : je retourne à mon vomi. Comme un enfant abandonné, je remâche mes propres excréments. Je retourne à ma fétide vocation d’analyste.

Fliess.- Fétide, votre vocation ? Comment pouvez-vous ? Elle est fétide, si l’homme est fétide !… … Vous vous sous-estimez, Sigmund. Votre psychanalyse a une belle et noble tâche : elle rend à l’homme son état natif. Après des siècles d’obscurantisme, vous refondez l’homme tel qu’il est. Vous lui tendez un miroir, et vous lui dites : ne regarde pas toutes ces belles images là-bas de bel ange, de pur esprit, d’être éthéré que théogonies et théologies ont peintes de toi, tourne la tête vers ce miroir-ci : c’est ainsi que tu es, même si ça te déplaît. C’est avec ça que tu dois travailler. C’est avec ce vrai reflet de ta vraie nature, que tu feras des choses vraies. Libérer l’homme pour une tâche humaine, n’est-ce pas une tâche de tout premier ordre?

Freud.- Tout cela n’est malgré tout que basses affaires de conduites à déboucher, vile affaire de tripes et de boyaux. Réussir dans cet immonde, chercher la gloire dans cet ignoble. Avouez… … Quittons cette basse cuisine, passons au salon. Elevons-nous à des sujets nobles. Entamons belles conversations sur beaux sujets. Parlons de vous.

Fliess.- J’ai trouvé quelque chose, j’étais impatient de vous en parler. En opérant des calculs avec mes deux fameux nombres, j’ai trouvé d’étranges résultats.

Freud.- J’ai hâte que vous m’en fassiez la relation. Fliess.- (cherchant ses documents) Ne restons pas ici. Les femmes vivent trop avec soude et savon. Cette acidité me ronge l’imagination.

Ils sortent. Entre Mme Fliess.

Mme Fliess.- Un objet chez soi, posé sur le buffet, on compte dessus, on se dit : il est là, je le sais, je le retrouverai ce soir à la même place, je peux donc l’oublier : ainsi la femme à la maison pour son mari. .. ..Qui aime à souffrir, s’il est seul à souffrir ? Afin de moins souffrir, ne fera-t-il pas partager sa souffrance par celui qui le fait souffrir ? .. ..Pendant cette attente qui me tue, pourquoi ne le ferais-je pas souffrir, à son tour, à m’attendre moi, même si mon attente me fera plus souffrir que lui la sienne? (elle s’habille pour sortir) Je sais trop, hélas, comme ces heures que je tuerai me tueront.

Elle sort, toute serrée sur elle-même.

Scène 5.

 Cabinet de Freud. Freud assis sur son divan.

Freud.- (seul) Nous revenions de promenade, Marthe était à quelques pas derrière moi. Nous nous étions fâchés, nous ne nous parlions pas. Mon père m’appelle de leur chambre à coucher. Il était assis sur leur lit, avait un carnet ouvert sur son genou et un crayon à la main. Il m’a demandé : “Qu’est-ce que tu as encore fait ?” J’étais révolté. Nous avions bien été en promenade, Marthe et moi, mais nous nous sommes tout de suite disputés, je voulais aller dans le parc, Marthe voulait aller en ville. Finalement, nous avons suivi, bien sûr, le choix de Marthe. Je réponds à mon père : “Justement, je n’ai rien fait.” Ce qui me plongeait dans un désespoir affreux, c’est que Marthe, derrière moi, vaquait à quelque chose, comme si la conversation ne la concernait pas…(il s’étend) … Quelque chose ne vous frappe pas dans votre rêve ? D’où votre père vous appelle-t-il ? – De leur chambre à coucher. – Où est-il assis ? – Sur leur lit conjugal. – Cette chambre et ce lit ne vous disent rien ? – Ils me disent que mon père me parlait, non en tant que père, mais en tant que mari de ma mère. – La femme de ce mari, qui est votre père, c’est à dire votre mère, était-elle présente dans votre rêve ? – Non. – Vous savez donc qui figurait Marthe dans votre rêve. – Ma mère bien sûr, et aussi Marthe, en ce qu’elle lui ressemble. (il soupire) Pourquoi soupirez-vous ? – Parce que je suis seul au monde. – Vous auriez aimé que, jusqu’à la fin de vos jours, votre mère vous borde, vous chante pour vous endormir, s’apitoie pour chaque bleu, pleure pour chaque pleur, et approchant votre petit pot de son nez, vous fasse les plus gros compliments ?.. .. N’êtes-vous pas à l’âge où vous êtes une entreprise autonome à vous tout seul ? Où c’est à vous de conquérir vos propres marchés ?..(il se lève) .. Vous rendez-vous compte que vous vivez dans un siècle, où ni décrétales, ni bulles, ni lettres de cachet, ni censure, ne sont plus pendus au-dessus des têtes comme épées de Damoclès ? Où l’homme est son propre père, mère, prêtre, professeur, philosophe, dirigeant ? Où il ne reçoit les ordres que de lui ? Où il n’a plus à craindre personne, que lui? Aucun pouvoir, que sa propre impuissance ? Du monarque, le pouvoir est descendu au sujet, et vous gémissez de votre indépendance ? Pendant des siècles, vos ancêtres ont lutté pourqu’il n’y ait plus personne au-dessus de vous, et vous vous lamentez, parce qu’au-dessus de vous, il n’y a plus personne ?.. .. Lorsque d’autres vous donnent des ordres, des conseils, des encouragements, des consolations, vous savez très bien que ce ne sont jamais les conseils, les encouragements, les consolations qu’il vous faut. Vous seul savez exactement ce qui vous convient… … Dès lors, pourquoi vous adresser à ces saints que sont votre mère, votre femme, vos professeurs ? Pourquoi ne pas vous adresser directement au bon Dieu : vous ? Vous, au-dessus de vous, n’êtes-vous pas, à vous-même, vos seules instances supérieures ? Dès lors, qu’attendez-vous pour vous commander ?.. .. Hé. Vous, là-bas ! Levez-vous, et marchez !.. ..(il se lève) Et se levant, il alla.

Il sort.

 

Publié dans Pièces de théâtre, Pièces théâtre Amateur, Pièces théâtre Classique, Pièces théâtre Comédie, Pièces théâtre Contemporain, Pièces théâtre Féministe, Pièces théâtre Moderne, Pièces théâtre de Société. Taggé par , , , .