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25. Kueny.

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Gare de Mulhouse. Un quai. Des gens attendent le train arrivant de Marseille. Anne, tenue sévère et pauvre, cheveux coupés, plus jolie que jamais, un sac à ses pieds, attendant au bout du quai. Le train arrive. Descendent d’un wagon, des appelés, bronzés, musclés, dont Kueny, qui cherche Anne des yeux, la trouve, va vers elle, reste à quelques pas.

 

Kueny.- Madame Causse ?

Anne.- Mademoiselle Kueny. Je suis démariée.

Un silence, ils s’observent en souriant.

Kueny.- Il te battait ? C’était une brute ?

Anne.- Si seulement. J’aurais eu un motif pour le haïr. Gentil, délicat, généreux, respectueux, beau comme un dieu, un jeune premier de comédie, combien de jeunes filles auraient été heureuses d’avoir un tel mari, fade, vide, je ne le souffrais plus. Lorsque quelqu’un vous chatouille, on en a des rires convulsifs, c’est à la fin tellement douloureux, que c’est insoutenable.

Kueny.- J’ai aussi essayé de me  dévoyer. Je suis allé voir  des prostituées.  Elles marchandent leur lard comme des épiciers. Le marché conclu,  quelle galère. Tu rames, quand est-ce que tu accostes ? Ton voyage est interminable, on descend bientôt ? Tu traînes, tu les achèves, tes derniers cent mètres ? Les marchandes de plaisir m’ont dégoûté du plaisir.

Anne.- Comme ça me plaît que tu aies essayé…. … Comme ça me plaît que tu n’aies pas réussi.

Un silence.

Anne.- Je souffre trop un enfer de délices, je ne peux pas supporter l’idée qu’on ait toute liberté.  J’ai décidé de faire voeu de clôture : j’entre en religion.

Elle recule de quelques pas, se mettant de côté.

Anne.- Cette adoration que je devrais à Dieu, je la donnerai à mon frère.  Sous le couvert de son culte, c’est à ton culte que je me vouerai. Sous ma robe de religieuse, je serai toute à  toi. Au lieu de me débaucher de Dieu,  je me débaucherai de toi.  Sous la chasteté publique, je serai ta prostituée privée. Chaque nuit, mon René, je t’ouvrirai dans ma cellule mon lit. En vérité, je vous le dis, ses péchés lui seront remis, parce qu’elle a beaucoup aimé, dit le Seigneur.

Du sac, elle sort un porte-monnaie, qu’elle tend à Kueny.

Anne.- La clé du cadenas de mon vélo qui est adossé sur le mur de la gare, les clés et l’adresse de la chambre que je t’ai louée pour un mois à Rixheim, l’adresse du chantier où je t’ai engagé à compter de demain, un peu d’argent.

Elle laisse pendre le porte-monnaie au bout de ses doigts, Kueny tend sa main dessous, elle y laisse tomber le porte-monnaie.

Anne.- A cette nuit, mon René.

Elle se saisit de son sac, tourne le dos à Kueny, et sans se retourner, s’en va en traînant les pieds, raclant le quai de ses talons.

Kueny sort de la gare, va au TABAC-JOURNAUX, achète une enveloppe blanche, s’isole dans un coin, ouvre deux boutons de sa chemise, sort de sa chemise la photo usée ,craquelée, d’Anne adolescente, la glisse dans l’enveloppe, colle l’enveloppe, retourne au TABAC-JOURNAUX, emprunte un crayon, écrit sur l’enveloppe en grand COUVENT, rend le crayon en remerciant la buraliste, glisse l’enveloppe sous sa chemise, la reboutonne, décadenasse le vélo d’Anne, met sa valise sur le porte-bagages, se lance à pédaler.

Kueny.- Elle se voue à Dieu. Je me voue au diable.

Il prend la route de Rixheim.

 

 

 

2. Un chantier de construction, fin de journée. Avec les autres ouvriers, Kueny en sort sur son vélo. On le voit pédaler sur une route le long de la forêt de la Hardt.

 

Kueny.- Qui me délivrera de l’esclavage de cet infect pourceau, qui a pour sale nom sexe ? Qui destituera ce despote cruel qui me tient dans une  sujétion si honteuse ? Qui me libérera de ces chaînes déshonorantes ?  Qui me défera de cet animal furieux, dont je suis la proie pantelante ? Qui m’ôtera cette ceinture de lubricité d’autour de mes reins ? Sous le fouet de ce cruel tyran, tous tremblent et gémissent. Quand vous êtes violées, Mesdames, pourquoi vous sentez-vous coupables ? Parce quevous l’êtes. Vous vous êtes armées, vous avez serré les dents, mais la jouissance, comme un ouragan, a tout emporté sur son passage. Ta convoitise te portera vers ton mari.   Dans le silence de l’abjection, on n’entend plus retentir partout que les chaînes de l’esclave.

Il pédale comme un fou sur la route le long de la forêt de la Hardt, en regardant à droite, à gauche.

 

 

 

3. Autre fin de journée. Du chantier, sort, au milieu des autres ouvriers, sur son vélo, Kueny. Kueny pédale comme un fou sur une route le long de la forêt de la Hardt.

 

Kueny.- ..(Abordant une descente de côte, il descend à une vitesse folle) .. La pente est affreuse. Les freins ne répondent plus. .. … Bouc cornu au pied fourchu, libère ma nature. Priape ithyphalle, délie ma sauvagerie. Prince des Démons, incite-moi au mal. Prince des Enfers, succombe-moi à la tentation. Très Bas, délivre-moi des convenances. Ange déchu, libère-moi de tout scrupule.

Plus loin, sur le plat, pédalant toujours comme un fou, tout en scrutant à droite et à gauche.

Kueny.-  Satan, écoute-moi, Satan exauce-moi. Refuge des malheureux, consolation des affligés,  qui avez dit : demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez.  Je vous demande et je vous cherche. Par la verge de Moïse, Lucifer,  signons un pacte : une éternité d’enfer pour mon âme, contre pour mon corps une seconde de jouissance. Prouve moi que tu existes, sois bon diable, signe le pacte.

 

 

 

4. Autre fin de journée. Du chantier, sort au milieu des autres ouvriers Kueny, qui pédale avec force sur son vélo. Kueny pédale comme un fou sur une route qui longe la forêt de la Hardt tout en scrutant à droite et à gauche.

 

Kueny.- Etalon fou, galope ventre à terre. Taureau en rage, ta bave  mousseuse blanchissant ta toison noire, de tes cornes basses, charge. Eperon en avant, trirème, allons percer les carènes. Laide, vieille, âgée, fillette, peu me chaut, pourvu qu’elles soient femmes en un seul endroit. (rugissant) Le diable me comble  : une fumelle à l’horizon.

Kueny descend de vélo, le laisse choir sur le côté, barre le chemin à la jeune femme.

Kueny.- Mademoiselle, j’annonce la couleur. J’ai l’intention de coucher avec vous.

Il s’approche d’elle, tendant les mains.

La jeune femme.- Qu’est ce qui vous prend ? Vous n’êtes pas malade ?

Kueny.- Je suis au contraire en trop bonne santé.

La jeune femme recule, lâche son sac, tendant les avant-bras.

La jeune femme.- Vous n’avez pas honte de vous conduire de la sorte ?

Kueny.- Vous ? (la montrant) Décolletée, dépoitraillée, nombril à nu, fesses si moulées qu’elles sont nues plus que nues : tout ça c’est pas  un appel à sexe ?

Kueny essaie de lui saisir les bras, la jeune fille lâche son sac, se défend.

Kueny.- Je chasse le petit gibier de plaine, levrettes, bécasses, chaudes petites cailles : préparez-vous à recevoir une giclée de grenaille… .. Allons, laissez-vous aller. Ce ne sera qu’une brève visite. J’entre et je sors… …. Ne vous faites pas de souci :  ce n’est que du physique, du net, du carré.  Rien de sentimental, de  gluant, de visqueuse.

Kueny saisit les bras de la jeune fille, essaie de la renverser.

Kueny.- .. Votre bouche dit non, écoutez l’autre qui dit oui. .. ..Votre enfer cuit, mon diable brûle, laissez le rentrer à la maison.

Les deux peinent à faire plier l’autre.

Kueny.- Je ferai semblant de vous avoir forcée : je témoignerai que gémissements de plaisir étaient gémissements de douleur.

La jeune fille agenouille Kueny, qui la lâche, ramasse son sac, court à son vélo et s’enfuit. En pédalant, il lève son sac.

Kuney.- (criant) Pretium doloris.

La jeune fille.- (criant) Je porte plainte.

Kueny disparaît, en brandissant le sac haut au-dessus de lui.

 

 

 

5. Le chantier. Fin de journée. Kueny sort en pédalant avec vigueur. Il pédale comme un fou sur une route qui longe la forêt de la Hardt.

 

Kueny.- Qui croit qu’un échec décourage ? L’échec fortifie les forts.

En pédalant, on voit à gauche dans une prairie une femme d’un certain âge, il s’arrête, il voit qu’elle cueille des fleurs des champs.

Kueny.- Sexagénaire peut-être. Grand’mère certainement. Mais si femme encore.  Elle cueille des fleurs des champs. Allons cueillir dans son champ sa fleur.

Il jette son vélo sur le côté du chemin. On le voit dévaler la prairie vers la femme.

 

 

 

6. Le chantier. Fin de journée. Kueny sort en pédalant avec vigueur. Il pédale comme un fou sur une route en direction de Mulhouse. Il voit sur un trottoir deux fillettes en train de jouer. Il freine à bloc.

 

Kueny.- Un de ces jolies demoiselles peut-elle m’indiquer où je peux trouver un bureau de tabac ?

La fillette.- Y en a un par là.

Kueny.- Que diriez-vous de monter en croupe sur mon destrier, pour m’indiquer où c’est, princesse ? (Il lui offre la place sur le cadre.)

La fillette regarde Kueny, se lève et monte sur son cadre. Kueny se met en route. Une femme qui nettoie ses vitres de sa maison sur le trottoir d’en face le regarde.

Kueny.- (gai, avec un geste de la main) Bonjour.

La femme.- Bonjour.

Kueny.- Fais voir ta frimousse. Dieu que tu ressembles à ma sœur. Tu crois que les frères peuvent se marier avec les sœurs ?

La fillette.- Je crois pas.

Kueny.- (se pendant pour voir son visage)  Déjà, coquette.  C’est toi qui t’es mis ce joli nœud dans les cheveux ? Quel âge as-tu jeune fille ?

La fillette.- 11 ans.

Kueny.- Un vrai petit bout de femme. (La fillette fait des manières) Comme elle vous fait déjà des agaceries. Tu es à croquer. Je peux vous biser, Mademoiselle ?

La fillette lui tend le cou. Kueny lui donne un baiser dans le cou. La femme voit Kueny se diriger vers la forêt.

 

 

 

7. Le commissariat de police. La fin du jour. Un bureau. Kueny menotté sur une chaise, face à l’inspecteur assis à son bureau, une lampe l’aveuglant. La secrétaire est prête à écrire.

L’inspecteur.- Cette dame vous a vu partir avec la fillette, mais ne vous a pas vu revenir. Qu’est-ce que vous en avez fait ?

Silence.

L’inspecteur.- Vous m’avez raconté votre vie difficile. Vous avez été si longtemps victime, qu’à la fin, vous avez trouvé équitable de vous faire bourreau… Qu’est ce que vous avez fait de la fillette ?

Silence. L’inspecteur quitte la pièce.

 

La nuit. L’inspecteur revient.

L’inspecteur.-  Cette dame vous a vu partir avec la fillette, elle ne vous a pas vu revenir. Qu’est ce que vous avez fait de la fillette ? (Un silence) Direz-vous que votre acte n’a pas existé ?

Kueny.- Non.

L’inspecteur.- Le taire, Kueny, c’est le nier. Le nier, c’est vous renier. Vous reniez-vous ?

Silence. L’inspecteur quitte la pièce.

 

Au matin. Kueny montre des signes de fatigue. Entre l’inspecteur.

L’inspecteur.- Cette dame vous a vu partir avec la fillette, elle ne vous a pas vu revenir. Qu’avez-vous fait de la fillette ?

Kueny.- Vous savez bien ce que j’ai fait.

L’inspecteur.- Dites-moi ce que vous croyez que je sais ce que vous avez fait, et je vous dirai si c’est ça.

Silence.

Kueny.- J’avais tellement jeûné de moi. J’ai eu le malheur un jour de me boire en entier, et j’ai été complètement ivre.

Un silence.

L’inspecteur.-  … ..Et puis ?

Kueny.- (baissant la tête, d’une voix à peine audible) Je l’ai violée.

Un silence.

L’inspecteur.- Ensuite ?

Kueny.- J’ai levé les yeux par inadvertance sur son visage, elle hurlait muette comme une folle. J’ai hurlé muet avec elle comme un fou.  Il fallait que je fasse taire tous ces horribles cris au plus vite. J’ai pris n’importe quoi,  j’ai imposé le silence.

L’inspecteur.- Ensuite ?

Kueny.- Je devais effacer toute cette saleté de la surface de la terre.

L’inspecteur.-  Oui ?

Kueny.- Je l’ai glissé doucement dans le canal de Huningue.

Un silence.

L’inspecteur.- Vous pourrez nous indiquer l’endroit du canal où vous avez glissé la fillette ?

Kueny.- Oui.

L’inspecteur.- Allons-y.

L’inspecteur se lève, il fait signe aux gendarmes, qui encadrent  Kueny. Ils sortent.

 

 

 

 8. Le chantier. Fin de journée. Parmi les autres ouvriers, Kueny sort, enfourche sa bicyclette et pédale vigoureusement. Sur une route le long de la forêt de la Hardt, il pédale comme un fou.

 

Kueny.- Pour se mettre en train, il n’y a que le premier pas, qui coûte. Après les jambes marchent toutes seules.

Il double deux petites filles qui marchent le long de la route. Il les dépasse, freine à bloc.

Kueny.- Qu’est-ce que font ces deux petites Cendrillons seules sur la route ?

La 2ère petite fille.- Je vais au-devant de mon papa.

Kueny.- Je peux vous offrir mon carrosse ? L’une grimperait à côté du rat (il indique le cadre), l’autre s’assiérait dans la citrouille. (il indique le porte-bagages).

Les petites filles, en riant,  grimpent sur le vélo.

Kueny.- (se mettant en route)  Vous savez que ce n’est pas prudent d’aller avec un Monsieur que vous ne connaissez pas ?

En pédalant, les deux fillettes sur son vélo, il voit dans un jardin attenant à une ferme une fermière qui étend du linge, qui le voit.

Kueny.- (joyeusement, avec un salut de la main) Madame Munsch.

La fermière.- (lui répondant de même) Monsieur Kueny.

En pédalant, les deux fillettes sur son vélo, il voit dans une prairie une bergère, qui le voit.

Kueny.- (joyeusement, avec un salut de la main) Madame Bauerlé.

La bergère.- (lui répondant de même) Monsieur Kueny.

Un peu plus loin, la petite fille sur le porte-bagages, crie : Papa, en montrant un bûcheron, glisse de son porte-bagages, et court vers son père. Kueny continue avec l’autre petite fille sur le cadre, et disparaît dans la forêt.

 

 

 

 

9. Le commissariat. La salle de confrontation. devant un mur de plâtre blanc, six hommes, dont Kueny, sont alignés, tenant chacun, entre leurs mains un numéro. Kueny ayant le numéro 4. En face, derrière une glace sans tain, l’inspecteur fait entrer une jeune fille, qui observe les 6 hommes, et dit : le numéro 4, sans doute aucun ; puis à se suite, fait entrer une femme plus âgée, qui observe les 6 hommes, et dit : le numéro 4, j’en suis certaine.

 

 

 

10. Le commissariat. Le bureau de l’inspecteur. Kueny sans menottes sur une chaise, face à l’inspecteur à son bureau.

 

L’inspecteur.- Vous avez été reconnu formellement par Mme Mugnier, qui vous accuse de viol, et par Memoiselle Rasser, qui vous accuse de tentative de viol.

Kueny d’un petit mouvement de tête, et d’un geste des mains dit qu’il ne peut qu’en convenir..

L’inspecteur.- J’en viens à cette deuxième fillette,  une petite Jacqueline. Une Mme Munsch et une Mme Bauerlé, que curieusement vous avez saluées, vous ont vu, emmenant la petite Jacqueline sur votre cadre,  et son amie  sur votre porte-bagages.  L’amie a glissé du porte-bagages pour rejoindre son père : vous, vous avez continué votre chemin avec la petite Jacqueline vers la forêt. Qu’avez-vous fait de la fillette ?

Un silence.

L’inspecteur.- Vous ne vous êtes caché de ces deux dames. Pourquoi vous cachez-vous de moi ?

Silence.

L’inspecteur.- Votre tragédie finit, comme toutes les tragédies, sur une catastrophe sanglante. Il faut que vous ayez conscience, que le rideau va tomber sur votre pièce… …Un bouquet final termine le feu d’artifice, après la ville est plongée dans la nuit, enfin se rallume le ridicule éclairage public… … Le dernier honneur d’un homme, c’est de reconnaître ses actes même honteux.

Kueny.- (baissant la tête, d’une voix à peine audible) Je l’ai violée.

Un deuxième inspecteur entre,  vient chuchoter longuement à l’oreille de l’inspecteur, et sort.

L’inspecteur.- Un paysan, qui cultivait son champ à la lisière de la forêt, a entendu des gémissements.  Il y est allé. Il a découvert la petite Jacqueline, la jupe relevée, la culotte ôtée, le bas-ventre et les cuisses en sang.

Kueny.- (inclinant la tête, à voix basse) Ça devait être moi.

Un silence.

L’inspecteur.- Elle est à l’hôpital. Son corps n’est pas danger, mais son esprit, si…  … Vous avez fait autre chose ?

Kueny.- (inclinant la tête jusqu’entre ses genoux, à voix basse) Ce n’est pas assez horrible ?

L’inspecteur va à la secrétaire prendre la copie.

L’inspecteur.- Veuillez signer vos aveux.

Kueny signe les aveux.

L’inspecteur.- Raccompagnez-le dans sa cellule. (à Kueny) Vous serez déféré demain devant le parquet.

Les deux gendarmes emmènent Kueny. L’inspecteur ferme le dossier, le classe, rejoint le 2 ème inspecteur. Ils sortent du commissariat.

 

 

11. Dans la rue, l’inspecteur au côté du 2ème inspecteur.

L’inspecteur.- (songeur) Tu sais que j’ai deux fillettes.

Le 2ème inspecteur.- Oui.

L’inspecteur.- Il m’arrive de surveiller leur bain… …. Mettons que,  comme un inspecteur de police, la vérité m’interroge, qu’elle me secoue un peu, je serai obligé d’avouer que dans l’esprit, il me passe des pensées abominables ?

Le 2 ème inspoecteur.-Tu veux-tu savoir quel est le vice des interrogatoires ? C’est qu’à la fin, l’interrogateur s’inculpe lui-même.

L’inspecteur hoche la tête.

L’inspecteur.- Avoue que si nos yeux pouvaient assassiner, si nos yeux pouvaient forniquer, le chemin derrière nous serait encombré de jeunes gens refroidis, et de jeunes femmes grosses.

Le 2ème inspecteur.- (éclatant de rire) Ce n’est pas faux.

Ils s’ éloignent.

 

 

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