Théâtre Républicain
1. Nous vivons une époque magnifique. L’homme, la première fois depuis qu’il est apparu sur la terre, n’est plus asservi, ni de corps, ni d’esprit, ni d’âme, à rien, ni à personne. De lui-même, il est libre d’une liberté totale : rien, ni personne, ni homme providentiel, ni dieu providentiel n’a plus l’idée d’user de la force physique ou morale pour l’assujettir. Cette liberté effraie les esprits faibles, qui se sentent égarés. Redoutant d’être seuls maîtres à bord, de penser par eux-mêmes et d’agir selon leur seule pensée, ils préfèrent donner procuration de leur vie à un homme, à un parti, à une philosophie, à une secte, à une Eglise. Mais quel plus bel état, pourtant qu’être maître de soi, penser par soi-même, agir selon sa seule pensée ?
2. Cependant, tous étant égaux à tous, et en raison des milliards d’hommes qui nous entourent, cet homme moderne que nous sommes, libre, mais isolé, éprouvons à cause de notre solitude, amertumes, souffrances, désespoirs. Il appartient au théâtre moderne de mettre en scène les idées et les sentiments de cet homme moderne-là.
3. Si Jean Vilar entendait, par Théâtre Populaire, mettre le théâtre classique à la portée du peuple, nous pensons, nous, que le moment est venu de donner au Théâtre Populaire son vrai sens : un théâtre, qui mette en scène le peuple, c’est à dire : nous.
Prochaine parution : Kueny (pièce de théâtre/scénario)